Belle rencontre avec Anjali et Anuraj, Marari (Kerala)

💞 Vendredi 30 janvier, je prends le petit-déjeuner vers 9 h 30 avec Véronique à Angels’ homestay. Un jeune couple indien passe la journée ici. Après le repas, comme ils sont installés sur la terrasse, j’engage la conversation avec la jeune femme, Anjali. Elle est ici avec son mari, Anuraj. Tous deux sont originaires du Kerala et vivent à Chengannur, une ville de l’intérieur de l’État.

Le courant passe immédiatement entre Anjali et moi. Nous nous entendons très bien, une belle complicité s’installe naturellement. Je la trouve particulièrement avenante, disponible et généreuse dans ses explications. Elle prend le temps de répondre à mes questions avec beaucoup de clarté et de bienveillance.

Avec Anjali

Anjali est danseuse et professeure de danse, mais aussi actrice et modèle photo. Je la trouve très belle, avec des traits fins et une présence joyeuse et lumineuse. Comme la danse me touche particulièrement, je m’intéresse d’abord à son parcours artistique. Elle pratique depuis l’enfance quatre danses classiques traditionnelles du Kerala et de l’Inde du Sud :
– le Bharatanatyam, originaire du Tamil Nadu, une danse très codifiée, à la fois spirituelle et narrative ;
– le Mohiniyattam, danse emblématique du Kerala, douce et fluide, inspirée de la figure mythologique de Mohini, incarnation féminine de Vishnou ;
– le Kuchipudi, plus théâtral, mêlant danse et jeu dramatique ;
– le Keralanadanam, une forme plus récente, synthèse de plusieurs styles classiques.

Elle m’explique que ces danses reposent sur un langage précis du corps et du visage : 27 mudras (gestes symboliques des mains) et 9 navarasa, les émotions fondamentales exprimées par le regard et les traits du visage (joie, colère, peur, compassion, émerveillement...). Elle me les montre avec une pédagogie remarquable, prenant le temps de répéter les informations et les mouvements avec beaucoup de patience. Sa façon de transmettre est fluide et incarnée ; on sent immédiatement l’enseignante expérimentée. J’essaie à mon tour de reproduire quelques mudras, mais l’exercice s’avère bien plus complexe qu’il n’y paraît : il demande une grande souplesse et une réelle dextérité dans les doigts.

Avec Anuraj, ils tiennent aussi une chaine YouTube en malayalam, Heal of News Media, où ils publient de courtes histoires filmées de 10 à 15 minutes. Leurs vidéos rencontrent un grand succès, certaines atteignant des centaines de milliers de vues.

Anjali travaille également comme modèle pour la promotion de bijoux, notamment pour la boutique Chamayam, très connue au Kerala.

Nous parlons ensuite des grandes fêtes traditionnelles, notamment Vishu, le Nouvel An du Kerala, célébré en avril — cette année, le 14 avril 2026. Vishu marque un renouveau, la victoire de la lumière sur l’obscurité, et célèbre à la fois la vie, la prospérité et les récoltes agricoles. À cette occasion, on honore notamment Krishna, et l’on pratique le rituel du Kaineettam, qui consiste à offrir une pièce aux enfants, symbole de chance, de santé et d’abondance. En avril, le kanikonna est en pleine floraison : ses fleurs jaunes éclatantes, caractéristiques de cet arbre — aussi appelé golden shower tree — sont l’emblème floral du Kerala.

Anjali et Anuraj me suggèrent également plusieurs lieux à visiter : le pont suspendu de Punaloor, célèbre pour son architecture coloniale, Thenmala, une petite ville connue pour abriter le premier projet d’écotourisme de l’Inde, au cœur d’une nature luxuriante entre forêts, collines et rivières, ainsi que différents sites rituels. Ils me parlent du Theyyam, un rituel ancestral spectaculaire pratiqué surtout dans le district de Kannur, mêlant danse, transe, maquillages élaborés et parfois des épreuves impressionnantes comme la marche ou les sauts dans le feu. Ils évoquent aussi Sambranikodi, près de Kollam, une langue de terre entre mer et estuaire, très appréciée pour ses paysages et ses couchers de soleil, le temple Kattil Mekkathil Devi, dédié à une forme locale de la Déesse Mère, et le point de vue de Mampazhathara.

Ils me demandent ensuite si nous pouvons faire quelques photos ensemble. J’accepte avec plaisir, mais la séance se transforme rapidement en une série de vidéos improvisées : présentations, démonstrations de mudras, quelques pas de danse. Je ne me sentais pas particulièrement en forme ce jour-là, mais l’expérience est joyeuse, spontanée et amusante.

Après le déjeuner, dans un geste simple et chaleureux, Anjali et Anuraj m’offrent quelques biscuits au chocolat. Un petit détail, mais qui reflète bien leur gentillesse et leur sens de l’hospitalité.

Avec Anuraj et Anjali

En fin de journée, comme prévu la veille, je me rends au Kochy’s Restaurant & Cafe, le café du homestay Marari Praise Beach, situé à une dizaine de minutes à pied, directement sur la plage. C’est le premier établissement de la Mararikulam Beach Road. Les chambres y sont proposées en ce moment en haute saison autour de 3 500 roupies la nuit, petit-déjeuner inclus (en basse saison, elles coûtent environ 2 500 roupies). Je dîne vers 18 h 30 : une soupe et des momos végétariens. Le repas est plus cher que d’habitude — 380 roupies — mais le cadre, en bord de mer, est très agréable, et c’est vraiment bon.

De retour à Angels’ homestay, je fais la connaissance d’un ami d’Edward, le propriétaire. Lui aussi tient un homestay à Marari. Il m’explique qu’il cherche des personnes pour faire des sorties ou des excursions, même sur plusieurs jours, pour passer du bon temps et explorer la région. Il parle vite, semble pressé de trouver des compagnons de route, et me montre des photos de lui avec une Française, avec qui il est parti à Munnar quelques jours. Au fil de la discussion, certains indices me font comprendre qu’il recherche plus qu’une simple amitié. Je lui pose alors la question directement ; il me confirme qu’il espère aussi des moments romantiques. Je décline, cela ne m'intéresse pas.

💡 Si le discernement est essentiel dans la vie en général, je trouve qu'il l’est particulièrement en Inde, où l’on rencontre fréquemment des situations demandant de se positionner avec clarté. Il faut être attentif aux signes, poser des questions, clarifier les intentions. Cette situation me rappelle aussi qu’un refus n’est pas un rejet de la personne, mais simplement de sa demande — une nuance importante.

Enfin, sur les conseils d’une médecin ayurvédique — qui tient un centre de massage où je me rendrai prochainement — j’ai obtenu les coordonnées d’un salon de beauté où je pourrai retenter la pédicure après la séance avortée au centre Kalpakpa. Le salon se trouve près du temple Kanichu Kulangara, où se tient actuellement un festival, j'en profiterai pour y faire un tour !

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