Balade dans les backwaters d'Alleppey, Kerala (Inde du Sud)

🌊 Jeudi 5 février 2026

Je quitte Angels’ Homestay à Marari vers 9 h 30 pour rejoindre la route principale et prendre le bus en direction d’Alleppey. Aujourd’hui, j’ai envie d’explorer les backwaters, ce vaste réseau de canaux, de rivières, de lagunes et de lacs qui s’étend principalement au centre du Kerala, entre la mer d’Arabie et les Ghâts occidentaux. Cette région, plate et fertile, est en partie située sous le niveau de la mer et forme un paysage aquatique unique, ponctué d’îles, de villages et de rizières.

On m’a parlé des ferrys publics, utilisés quotidiennement par les habitants pour se déplacer sur les voies d’eau, une alternative simple et économique aux bateaux touristiques. Les grands houseboats traditionnels, souvent appelés Kuttanad houseboats (ou kettuvallam), sont aujourd’hui surtout destinés aux touristes, tout comme les shikaras, de petites embarcations couvertes louées à l’heure, bien plus chères. Plusieurs itinéraires sont possibles en ferry public depuis Alleppey, notamment vers Kottayam ou Kainakary. J’ai envie de tenter l’expérience.

J’attends le bus à l’arrêt de Thayyil, comme d’habitude. Il arrive rapidement. Il y a beaucoup de monde, surtout des femmes, c’est l’heure de pointe. Par chance, je trouve une place assise juste derrière le chauffeur. Je propose plusieurs fois de céder mon siège, mais on me fait signe de rester assise. Le trajet dure environ quarante-cinq minutes et coûte 23 roupies. Je descends au terminus, une gare routière de bus privés.

Je longe ensuite la VCNB Road en direction du terminal des ferrys, gérés par le transport public du gouvernement du Kerala, qui relie Alleppey aux villages et îles des backwaters. Il fait déjà bien chaud, mais la marche reste raisonnable. En chemin, je repère un bureau officiel, le Kerala Government Tourist Information and Booking Counter. J’y entre. Une femme, Bindu, m’accueille. Son anglais est approximatif, mais elle me remet plusieurs brochures et une carte du Kerala. Un peu plus loin, je pousse aussi la porte d’un second bureau identique. Les deux femmes qui s’y trouvent me conseillent de me dépêcher si je veux attraper un ferry.

Je presse donc le pas, il est presque 11 h. Sur le chemin, plusieurs personnes m’interpellent pour me proposer des sorties touristiques, avec des tarifs bien plus élevés, souvent autour de 500 roupies de l’heure pour un shikara.

J’arrive enfin au terminal des ferrys publics et commence à demander des informations. Je m’adresse notamment à un homme qui se tient devant le bâtiment officiel. Il s’appelle Binu et travaille comme chauffeur de ferry. Il est bien placé pour me renseigner. Il m’explique que le bateau pour Kainakary est déjà parti. Celui pour Kottayam aussi, mais de toute façon, ce trajet est très long : l’aller-retour prend toute la journée, avec un retour vers 18 h. Il reste cependant un ferry pour Venattukad, le numéro A84, qui part à 11 h 45. Ce trajet est parfait car je serai de retour à Alleppey pour 15 h.

Avec Binu

Comme nous avons un peu de temps, Binu et moi discutons avant de prendre notre bateau respectif. Binu a grandi sur l’île associée au Nehru Trophy Boat Race, la célèbre course de snake boats qui a lieu chaque année à Alleppey, généralement en août, pendant la saison des festivals. Ces immenses bateaux effilés, pouvant accueillir plus d’une centaine de rameurs, s’affrontent dans une ambiance spectaculaire, au son des chants et des tambours. Binu n’est jamais sorti du Kerala. Il aimerait voyager, mais l’idée de partir seul ne l’attire pas vraiment.

Terminal des ferrys

Nous nous quittons et je monte à bord du ferry. Le billet d’Alleppey à Venattukad coûte 16 roupies. Je m’installe à l’arrière, près du moteur, un peu bruyant. Je me placerai à l’avant au retour. Le paysage défile lentement : de grandes étendues d’eau alternent avec des canaux plus étroits. Le long des rives, la vie quotidienne se dévoile : des femmes lavent le linge ou font la vaisselle, tandis que d’autres habitants travaillent, se reposent ou discutent au bord de l’eau. Le bateau s’arrête fréquemment pour laisser monter ou descendre des passagers.

Nous arrivons à Venattukad à 13 h, après 1 h 15 de trajet. Un restaurant se trouve juste à la sortie du bateau. Je prends un meal végétarien pour 110 roupies, composé de riz et de plusieurs accompagnements. À l’entrée du restaurant, un aigle de vingt ans est perché, impressionnant et inattendu. Je prends quelques photos avant de repartir à 13 h 45 pour Alleppey.


Venattukad

Je n’ai pas réussi à recharger mon téléphone au restaurant, ni avec ma batterie externe. Je demande alors au personnel du bateau s’il existe une prise à bord, mais il n’y a rien. Un jeune homme assis derrière moi a entendu la conversation et me propose spontanément sa batterie externe. Il s’appelle Guy et vient d’Israël. Il a voyagé au Sri Lanka avec son père avant de poursuivre seul son exploration de l’Inde. Nous échangeons photos, impressions de voyage et réseaux sociaux.

De retour à Alleppey, je décide de m’installer un moment dans un café-restaurant voisin, Pathayam, situé près de la gare routière KSRTC, la Kerala State Road Transport Corporation, qui gère les bus publics longue distance et régionaux de l’État. Un groupe de jeunes attire mon attention dans le restaurant : leurs traits rappellent ceux que l'on observe au Népal, différents de ceux que l'on rencontre dans le sud de l’Inde. Je demande aux jeunes femmes à la table à côté d’où elles viennent. Elles sont originaires du nord-est de l’Inde, de l’État du Meghalaya, plus précisément de Shillong.


Elles m’invitent à leur table. Elles s’appellent Ibansiewdor, Agatha, Ribiang et Banrinylla. Comme j’ai encore un peu faim, je commande une plain dosa et mange avec elles. Ce sont des étudiantes en géographie. Leur université a organisé un voyage d’une semaine dans le Kerala, une sorte de parenthèse avant la reprise des cours. Elles ont traversé l’Inde en train, un périple de trois jours. C’est la première fois qu’elles voyagent hors de leur État.


La discussion est passionnante. Elles me parlent de leur région, de leur culture, très différente de celle du sud de l’Inde. Leur langue est le khasi, qui s’écrit avec l’alphabet latin. Elles m’expliquent qu’elles ne subissent pas la même pression sociale autour du mariage et qu’elles ne portent pas de sari. Elles me montrent aussi des images de paysages magnifiques du Meghalaya, entre collines, cascades et forêts.

Le groupe repart. Je prends un thé, puis me dirige vers la gare routière pour rentrer. Sur le chemin, je flâne dans plusieurs magasins : Miniso, une librairie, une boutique de papeterie et de matériel de dessin, puis le magasin de vêtements Trends, où j’achète deux hauts pour environ neuf euros.

Je reprends le bus vers 19 h 15. Sur le trajet, j’aperçois de jolies églises au bord de la route, comme Saint Thomas ou Sainte Maria Goretti, ainsi qu’un resort nommé Aaria Beach Resort and Spa. Près du homestay, j’achète deux dosas à emporter pour 20 roupies auprès d’une famille locale. Malgré l’obscurité, je remarque aussi une pièce de monnaie au sol : un petit signe angélique de plus. 🙂

Cette journée a été dense, riche en découvertes et en rencontres. La balade dans les backwaters d’Alleppey vaut définitivement le détour !

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