Soins du corps et rituels en Inde, Marari (Kerala, Inde du Sud)

🦶 Mardi 3 février 2026

Je suis toujours à Marari. Je continue de prendre un peu de temps pour moi avant d’aller à l’ashram d’Amma pour me reposer, prendre soin de moi, travailler sur mon blog et visiter les environs. J’ai à cœur de noter ce que je vis au quotidien pour l’assimiler, m’en souvenir et le transmettre.

Aujourd’hui, j’ai pris rendez-vous pour 16 h au salon de beauté Ponoons Beauty Hut que la médecin ayurvédique, Dr Ajitha, m’a conseillé pour une pédicure, après la séance avortée au centre Kalpakpa. Le salon, tenu par Jaya Ravi, se trouve tout près du temple Kanichukulangara. Véronique, ma voisine de homestay, se rend à la piscine située juste à côté ; elle me propose que nous y allions ensemble en bus.

Avant de partir, je profite d’un délicieux déjeuner préparé par Roji au homestay : des œufs, plusieurs salades, dont un thoran — une préparation typique du Kerala à base de légumes râpés (betteraves, carottes, noix de coco et oignons) —, un peu de riz et de la patate douce, appelée ici madhura kizhangu.


Angels’ Homestay est situé entre deux stations de bus sur la route principale reliant Cherthala à Alleppey : Thayyil et Varan Kavala. Nous attendons à Thayyil. Les arrêts ne sont pas toujours visibles dans la rue ; il faut souvent demander aux habitants. Je remarque toutefois qu’ils apparaissent sur Google Maps. Il s’agit d’une ligne de bus privée qui circule en journée. Le trajet aller-retour coûte 26 roupies. Nous descendons à Kanichukulangara Junction, puis prenons un rickshaw qui nous rapproche chacune de notre destination : la piscine pour Véronique, le salon de beauté pour moi.

Juste avant d’arriver au salon, je passe devant un petit supermarché où ils vendent des fruits du dragon (souvent appelés pitaya). Je n’en avais encore jamais trouvé ici. Ils viennent de Thaïlande.

La séance de pédicure se déroule cette fois très bien. C’est agréable et relaxant. Je ne suis pas déçue, j’ai bien fait de retenter l’expérience. Une jeune femme, Jaisal, s’en occupe. Comme la pédicure est soigneusement réalisée, j’opte finalement pour la pédicure spa plutôt que la version simple ; elle comprend un masque et un massage. Cela fait vraiment du bien de se faire chouchouter. La séance dure environ une heure et coûte 1 500 roupies, soit une quinzaine d’euros. Je reviendrai peut-être pour une manucure, proposée à 800 roupies. Pendant la séance, je discute aussi un peu avec Jaya, assise à côté de moi.

En sortant du salon, je demande conseil à Jaya pour trouver un restaurant local où manger une ghee roast. Elle m’accompagne alors dans un petit établissement tout proche, Bhagyas Pyarees Cafe, dans la rue après le supermarché. Elle prend même le temps d’expliquer en malayalam ma demande au personnel, afin que j’aie exactement ce que je souhaite lorsque je reviendrai. C’est tellement prévenant de sa part !

Je fais ensuite un tour au temple Kanichukulangara. Ce temple est un devi temple, un sanctuaire dédié à la Déesse Mère (forme locale de la Shakti), ce qui explique la présence importante de familles et d’enfants lors des festivités. S’y déroule actuellement un festival qui dure 21 jours, un rituel populaire où les fidèles se succèdent au temple quotidiennement. Il est environ 17 h 20 et la foule commence à affluer. Certains enfants participant au festival sont appelés chikarakuttikal en malayalam et portent souvent une coiffe rouge — signe qu’ils sont hébergés dans les bâtiments à proximité et qu’ils assistent quotidiennement aux rites. Autour du temple, de nombreux marchands et des jeux créent une atmosphère animée et festive.

Après avoir fait un tour, je retourne vers le supermarché pour quelques courses. Je retourne ensuite au Bhagyas Pyarees Cafeoù l’on me sert effectivement une ghee roast croustillante pour 50 roupies. C’est une première pour moi cette année, je me régale.

Je rejoins ensuite à pied l’arrêt de bus sur la route principale. Je préfère rentrer encore de jour, la nuit tombe déjà doucement.

💅 Mercredi 4 février

Aujourd’hui, je retourne au salon de beauté Ponoons Beauty Hut pour faire une manucure. Le coût est de 800 roupies. C’est Jaisal, comme pour la pédicure de la veille, qui s’en occupe. C'est un moment agréable et relaxant, dans la continuité de la séance précédente.
Au tout début, alors que nous sommes assises face à face, mes mains posées sur la table entre nous, son pied touche brièvement le mien, sans me faire mal. Immédiatement, Jaisal fait un petit geste d’excuse : elle me touche rapidement, puis se touche elle-même, comme pour réparer ce contact involontaire. Ce geste, très simple et silencieux, est courant en Inde, en particulier dans la culture hindoue, où toucher quelqu’un avec le pied, même sans intention, appelle une forme de pardon. Je l’avais déjà observé à plusieurs reprises lors de mon précédent séjour en 2022-23, mais je l’avais un peu oublié ; ce souvenir m'est revenu spontanément à l'esprit à cet instant-là.

Après la manucure, je passe au supermarché pour acheter un fruit du dragon et je me rends ensuite au restaurant Bhagyas Pyarees Cafe, où je prends de nouveau une ghee roast.

Pour le retour, je décide de changer un peu mon trajet et de prendre un bus derrière le temple. Je laisse passer un bus bondé et attends ensuite environ 30 minutes, ce qui me permet de m’imprégner de l’ambiance locale et de discuter un peu avec les gens autour de moi. Un groupe d’enfants vient à ma rencontre en courant, me saluant et me posant des questions avec un enthousiasme communicatif. Ils m’offrent même des bonbons. Clin d’œil de la vie : la petite fille porte sur son haut l’inscription I love Paris, un rappel amusant de ma ville d’origine.


Je remarque également quelque chose d’inédit (mais en Inde, rien n'est vraiment surprenant) : un vendeur voyage dans le bus avec sa marchandise accrochée à l’arrière, une accumulation de paquets de sucreries, un peu comme des barbes à papa roses attachées les unes aux autres. Il détache son chargement pour le vendre au festival.

Dans le bus, alors que je suis debout, un monsieur au milieu du véhicule me fait signe pour m’indiquer une place libre à côté de lui. Les Indiens sont toujours si attentifs et prévenants.


🌿 Vendredi 6 février

Aujourd’hui, j’ai décidé de consacrer l’après-midi à prendre soin de moi. J’avais pris rendez-vous à
14 h pour un full body herbal scrub (gommage corporel aux plantes, 2 000 roupies) au Chullithayil Ayurvedic Treatment Center, tenu par le Dr Ajitha Sunilbabu, recommandé par une Française hébergée, comme moi, à Angels’ Homestay. La séance est réalisée par Sreekala qui possède vingt ans d’expérience dans ce domaine. Le gommage est entièrement naturel et la séance se passe très bien. Je prévois déjà de revenir pour un massage traditionnel ayurvédique Abhyanga, réputé pour détendre le corps et l’esprit.

Après le soin, je discute avec le
Dr Ajitha. Nous commençons par parler du massage et de ses bienfaits, mais la conversation dérive rapidement vers des sujets touristiques et culturels. Elle m’informe qu’un festival hindou aura lieu au temple principal de Marari, le Shiva Temple, du 8 au 15 février, date de Sivaratri. Elle me traduit le programme et je note ce qui m’intéresse particulièrement, notamment les spectacles de danse et de musique.

J’aimerais bien revoir un spectacle de
Kathakali, une danse-théâtre traditionnelle du Kerala où les acteurs interprètent des histoires mythologiques avec des costumes colorés et des maquillages complexes. Le Dr Ajitha m’explique qu’il faut environ douze ans d’études pour pouvoir réaliser un spectacle complet de Kathakali.

Nous abordons ensuite des rites hindous liés au décès. Elle m’explique que cinq jours après le décès, lorsque l’incinération a eu lieu, le fils aîné ou l’un des enfants (s’il n’y a pas de fils) récupère un fragment d’os. Après un certain temps — elle mentionne quarante et un jours, mais d’autres délais sont possibles — la famille se rend dans un temple dédié à Vishnu, comme le Janardhana Swamy Temple à Varkala ou le Thiruvallam Temple à Trivandrum. À Varkala, une puja pour les ancêtres, appelée Thila Homam, est réalisée. Ce rituel est destiné à aider l’âme du défunt à obtenir le moksha, c’est-à-dire la libération du cycle des réincarnations, afin qu’elle ne se réincarne plus et atteigne la paix. Ensuite, un membre de la famille, généralement le fils ainé du défunt, confie l’os à la mer.

Le Dr Ajitha me parle aussi d’une autre puja,
Gurupooja, un rituel accompli pour soi-même, visant le bien-être et l'harmonie. Elle peut être réalisée à Sivagiri, où se trouve le samadhi de Sree Gurudev Narayana. Gurudev Narayana était un grand maître spirituel et réformateur social du Kerala, connu pour son humanisme, son enseignement éthique et son engagement envers l’éducation et le bien-être des plus pauvres. J’avais visité ce lieu en février 2023 et j’avais beaucoup apprécié l’énergie qui s’en dégageait.

💆‍♀️ Mardi 10 février 2026

J’ai rendez-vous à 15 h pour un massage Abhyanga au Chullithayil Ayurvedic Treatment Center, où je me suis déjà rendue vendredi pour un soin exfoliant. Cette fois-ci, c’est Bindu, elle aussi très expérimentée, qui me prend en charge.

L’Abhyanga est un massage traditionnel ayurvédique à l’huile chaude, réalisé avec des mouvements enveloppants, rythmés et synchronisés, destinés à stimuler la circulation, soutenir l’élimination des toxines et harmoniser les doshas. Il agit à la fois sur le corps et sur le système nerveux, favorisant un profond relâchement.

Les massages du corps sont réalisés nu(e), le corps étant abondamment huilé. La table utilisée en Ayurveda est généralement une table en bois massif, appelée droni, conçue pour recueillir l’huile, avec des rebords légèrement surélevés. Contrairement aux tables occidentales, elle ne comporte pas toujours de têtière percée pour le visage. Il n’y a en effet pas d’ouverture pour la tête, et cela me gêne pour me détendre complètement, car une tension se crée dans les cervicales lorsque je suis allongée assez longtemps sur le ventre. J’en fais part à Bindu et je change de position à plusieurs reprises. Certaines postures ne sont pas très confortables à maintenir non plus. J’apprécie néanmoins globalement le massage et la qualité des gestes. Comme la dernière fois, la séance est suivie d’une douche chaude pour éliminer l’excès d’huile.

Je parle ensuite avec le Dr Ajitha et lui fais part de ma gêne concernant la table. Elle n’en dit rien. Peut-être est-ce quelque chose de courant en Ayurveda, mais pour moi, cela a compté. La prochaine fois, je me renseignerai davantage sur les conditions matérielles avant de prendre rendez-vous.

💡 Cette expérience me rappelle un enseignement souvent revenu dans ma vie, particulièrement en tant que nomade, et que nous sommes tous amenés à rencontrer au quotidien : vérifier les informations par soi-même, se renseigner avant de s’engager dans quoi que ce soit, dans la mesure de nos possibilités, pour notre sécurité et pour s’assurer que cela nous convient réellement. Même face à des spécialistes ou à des experts, nous restons responsables à cent pour cent de notre vie. Il nous appartient de poser des questions, d’écouter nos ressentis et de valider que les conditions sont justes pour nous avant d’accepter une situation. C’est aussi cela, la souveraineté personnelle : vérifier, ressentir et choisir en conscience.

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