Une journée sous le signe de l'énergie mariale à Alleppey (Kerala, Inde du Sud)

🙏 9 février 2026

Je quitte Angels’ Homestay, à Marari Beach, vers 11 h pour rejoindre Alleppey en bus. J’ai pris rendez-vous chez le coiffeur Tony & Guy pour 15 h, mais avant cela, j’ai envie de visiter l’église de Thumpoly, dédiée à la Vierge Marie. Les lieux mariaux m’attirent depuis longtemps ; j’y ressens presque toujours une douceur particulière, une présence apaisante. Une Française rencontrée au homestay m’en a parlé la veille, et comme ce monument se trouve sur mon chemin, je décide de m’y arrêter.

Je descends du bus à l’arrêt Thumpoly Palli (18 roupies). L’église de Thumpoly, aussi appelée St Thomas Church, possède une histoire singulière : elle abrite l’une des toutes premières statues de la Vierge Marie en Inde. Entre 1550 et 1600, celle-ci aurait été amenée par bateau après un voyage mouvementé, enchâssée dans l’église et vénérée depuis ce moment-là. La communauté locale interpréta cet événement comme un signe sacré, faisant de Thumpoly un lieu de dévotion mariale important. La pièce sacrée, toujours visible aujourd’hui à l'intérieur de l'édifice, reste un objet de grande dévotion. Chaque année, entre novembre et décembre, le site devient un important lieu de pèlerinage marial, attirant de nombreux fidèles venus honorer Notre-Dame de Thumpoly.

L'église de Thumpoly

Le lieu est paisible, situé à proximité d’une école. À mon arrivée, un mariage est en cours. Je reste sur place près d’une heure, entre l’intérieur et l’extérieur de l’église, prenant le temps de m’imprégner de l’atmosphère. Après la cérémonie de mariage, je m’attarde longuement devant la statue de Marie. L’ambiance est à la fois douce et festive, avec une séance photos qui s'organise près de l'autel et à différents endroits du sanctuaire.

La statue de Marie

En sortant, je reçois un message qui fait directement écho à une intention que je confiais intérieurement à Marie, comme une réponse à mes prières. Il s’agit d’un enseignement que je travaille et revisite depuis plusieurs années : rester centrée sur moi-même, alignée, ne rien attendre de l’extérieur, me choisir avant tout. Ce message arrive comme une résonance, une confirmation discrète, mais très claire, que je suis sur la bonne voie. Et le voir ici lui donne un caractère particulier, puissant et sacré. Gratitude.

Je reprends ensuite le bus pour Alleppey (15 roupies) et descends au terminus de la gare routière des bus privés. En passant devant le salon Tony & Guy juste à côté de la gare vers 13 h, je me dis qu’au lieu d’attendre 15 h, je peux tenter ma chance. Il n’y a personne ; on me prend immédiatement. La prestation — shampoing, soin et coupe — me coûte 1 000 roupies, environ 10 euros. C’est très abordable comparé aux prix pratiqués en France, même si cela reste plus cher qu’un petit salon local. Je suis satisfaite de la prestation.

En fin de séance, je discute un peu avec la jeune femme qui s’occupe de moi. Elle s’appelle Manisha et vient du Bengale occidental, plus précisément de Bindu, une petite ville située à la frontière du Bhoutan. Elle m’explique que Bindu abrite l’un des plus anciens barrages hydroélectriques de l’Inde. Elle vit au Kerala depuis deux ans et a travaillé dans plusieurs salons, notamment à Kochi. Elle me confie qu’elle travaille sept jours sur sept au salon, mais qu’elle peut choisir un jour de congé entre le lundi et le jeudi inclus.
Juste avant que je quitte le salon, alors qu’un nouveau client arrive pour Manisha, la personne à l’accueil m’offre une petite bouteille d’eau. Un geste en apparence anodin, mais peu commun à mes yeux — cela ne m'est jamais arrivé en Europe — et qui fait particulièrement plaisir par cette chaleur accablante.

Après la coupe, je passe au grand supermarché Bismi, non loin de là. Je cherche une serviette de toilette que j’ai repérée lors d’un soin du corps que j’ai fait récemment. Apparemment, c’est une serviette que l’on trouve facilement dans les magasins ici. Elle est douce, absorbante, d’une bonne taille, légère et peu encombrante, parfaite pour le voyage. J’en trouve une de ce type et je l’achète pour 150 roupies. J’utilise habituellement une serviette en microfibre de Décathlon, mais je n’aime pas la sensation sur la peau et je ne la trouve pas efficace.

Il est alors environ 15 h. Je commence à chercher quelque chose à manger dans les rues alentour, ce qui me permet aussi de continuer à explorer la ville. Beaucoup de restaurants sont fermés, c’est plutôt l’heure du thé et des snacks. Je décide donc de retourner dans un lieu que je connais déjà, près du terminal des ferrys publics, le restaurant Pathayam. Je sais qu’on y sert des plats simples que j’aime, y compris en journée. Je commande une plain dosa, des vadas et un thé.

À une table voisine, une famille attire mon attention, probablement originaire du nord-est de l’Inde. Sur le tee-shirt d’un enfant, une phrase est inscrite : « Attached to nothing, connected to everything. » Ce message résonne immédiatement avec celui reçu le matin à l’église de Thumpoly, comme une suite logique. Lorsque l’on reste centré sur soi, sans attente extérieure, le détachement devient plus naturel et, paradoxalement, cela ouvre à une connexion plus vaste avec le monde. Je vais les aborder et leur demande si je peux prendre ce message en photo. Ils acceptent sans difficulté et nous discutons un peu. Ils viennent effectivement du nord-est de l’Inde.

Je prends ensuite un tuk-tuk pour 40 roupies afin de retourner chez EasyBuy, où j’ai acheté quelques vêtements quelques jours plus tôt. Je souhaite échanger un article qui me semble présenter un défaut. Après vérification, tous les articles sont identiques ; je décide donc de le garder. Juste après, je retourne au petit restaurant végétarien Dwadasi Pure Veg et m’offre un kozhukatta en guise de snack, cette boule de riz et de coco savoureuse.

Sur le trajet en tuk-tuk, j’ai repéré une église qui m’a interpellée. Je décide d’y revenir à pied pour la découvrir. Il s’agit de la Mar Sleeva Forane Church, l’une des plus anciennes paroisses chrétiennes d’Alleppey, avec une histoire qui remonte à plusieurs siècles. Son nom, Mar Sleeva, signifie « la Sainte Croix » en syriaque, et l’église est profondément marquée par la dévotion mariale. Le bâtiment actuel date d’environ 200 ans, mais la communauté chrétienne locale qui l’entoure est beaucoup plus ancienne et a joué un rôle important dans le développement religieux de la région. Derrière l’église se trouve une grande école, qui compte plusieurs niveaux de classes.

À l’extérieur, une reproduction de la grotte de Marie attire immédiatement le regard, soulignant l’importance de la figure mariale ici. L’ambiance est à la fois paisible et vivante, avec des personnes qui circulent et qui prient.

À mon arrivée, à l’extérieur de l’église, un homme porte un haut avec l’inscription « Live ». Je la reçois comme une invitation simple à vivre pleinement ma vie, à être présente à moi-même, à ce qui est. Ce message fait écho à ceux déjà reçus dans la journée, comme un fil conducteur subtil.

L'église Mar Sleeva Forane

En face de l’église, de l’autre côté de la rue, dans le Carmel Hall, de la musique retentit. Un spectacle est en cours. En m’approchant, j’aperçois des enfants danser depuis la rue. On m’explique qu’il s’agit de la représentation de fin d’année des élèves de l’école voisine. J’entre quelques instants dans la salle : ce sont des petits de maternelle, richement habillés, qui assurent le show sur scène. Certaines personnes me remarquent et semblent surprises de voir une étrangère ici.

Il est déjà un peu plus de 18 h 30. Je décide de rentrer à Marari Beach. Je ne suis pas très loin de la gare routière, mais je n’ai pas le courage de marcher. Je tente de négocier avec des chauffeurs de tuk-tuk ; deux refusent mon tarif, le troisième accepte. Avant de me prendre en charge, il doit d'abord déposer sa mère chez eux. Nous traversons des quartiers résidentiels, des ruelles étroites que je ne connais pas. Au détour de l’une d’elles, nous passons devant une petite chapelle dédiée à Marie, St Mary’s Chapel, simple et discrète. Une fois encore, Marie se manifeste sur mon chemin. Je me sens profondément reliée, accompagnée, guidée. Si les deux premiers conducteurs de rickshaw n'avaient pas décliné mon offre, je n'aurais pas croisé ce sanctuaire marial.

Chapelle Sainte-Marie

La vie va ensuite m’offrir un petit exercice d’affirmation de soi et de centrage, comme une application directe des messages reçus dans la journée. Après avoir déposé sa mère, je demande à m’arrêter quelques instants devant la chapelle, intriguée par ce modeste lieu dédié à Marie. Deux jeunes assis sur un muret m’aperçoivent et me posent, nonchalamment, quelques questions. Puis je dis au chauffeur que nous pouvons repartir et aller à la gare routière. C’est alors qu’il insiste : « Je t’emmène directement à Marari Beach ?! » soutenu par les jeunes qui, dans un élan de solidarité, affirment qu'il n'y a plus de transport à cette heure-là. Je refuse plusieurs fois, je sais qu'il y a encore des bus puisque je l’ai déjà pris en soirée. Je reste calme, alignée sur ma décision, et finalement, il accepte. Le rickshaw me dépose à la gare routière pour 50 roupies. Le bus part juste après mon arrivée.

Sur le trajet du retour, en bord de route, j’aperçois un temple où se déroulent les rituels du soir. En Inde, la spiritualité est intimement mêlée à la vie quotidienne. Les rites, les prières, les lieux sacrés ne sont pas à part : ils font pleinement partie du paysage, du rythme des journées, de la vie ordinaire.

Je rentre avec le sentiment d’avoir vécu une journée profondément cohérente, ponctuée de signes, de résonances et de confirmations délicates. Une journée simple en apparence, mais intérieurement très dense, portée par cette présence mariale qui, aujourd’hui, n’a cessé de se rappeler à moi. Le fait que nous soyons le 9 février, et que le chiffre 9 soit symboliquement associé à Marie, renforce encore ce sentiment.

La journée se termine tranquillement au homestay, autour de discussions avec les autres personnes présentes et Edward, le propriétaire. On échange sur divers sujets : la plateforme de streaming légale Batiav, qui propose beaucoup de films intéressants, le Tirupati Temple, situé dans l’État d’Andhra Pradesh, où les fidèles offrent symboliquement leurs cheveux, et l’eau de rose Gulabari, que l’on trouve facilement en Inde et que l’on utilise notamment pour ses vertus bien-être, apaisantes, et pour soutenir l’ouverture et l’harmonisation du chakra du cœur.

👉 Article précédent / Article suivant

📚 Mes autres articles sur l'Inde :
Adresses au Kerala et au Tamil Nadu
Amma et l'ashram d'Amritapuri
Toutes les publications

********************
😃 Cet article vous plait ? Visitez régulièrement mon blog :)

💞 Embarquez "Sur les Ailes de Gaëlle" !
              
🙏 Pour soutenir mes partages et m'encourager, pensez à cliquer sur "like", à commenter et à partager mes publications. Vous pouvez aussi m'aider financièrement en me faisant un don via Paypal. Un grand merci !

✉️ Si vous souhaitez me contacter ou me proposer un partenariat, envoyez-moi un message à l'adresse surlesailesdegaelle@gmail.com ou via le formulaire ci-dessous. :) 

contact-form

Publier un commentaire