Découvertes et rencontres à Marari, Kerala (Inde du Sud)

😍 Samedi 24 janvier 2026

Aujourd’hui, j’ai envie de passer la journée dehors, de marcher, d’explorer. Ces derniers temps, j’ai été très occupée et j'ai passé beaucoup d’heures devant les écrans. J'ai besoin de m'aérer l'esprit, de revenir au corps, au mouvement, à l’extérieur.

Il est environ 12 h 30 lorsque je quitte
Angels' homestay. J’emprunte un joli sentier ombragé qui longe la plage, entouré d’arbres et de végétation luxuriante. La lumière filtre à travers les feuillages, l’air est doux, et la marche est très agréable. En passant, je règle mes deux derniers dîners au Catch & Quench, soit 100 roupies. Mon objectif est de déjeuner au Joy’s Hotel, un restaurant local repéré sur Google Maps et bien noté. Sur le chemin, je passe devant le luxueux resort Marari Beach Experience, avec son immense jardin parfaitement entretenu qui borde la mer.


J’arrive à la Beach Road que je dois prendre sur la droite pour rejoindre la route principale. Avant de tourner, je m’arrête sous un grand abri ouvert. Par curiosité, je demande à un homme à quoi sert cet endroit. Il m’explique que c’est un espace commun, accessible à tous, pour s’abriter du soleil, se reposer, attendre... Nous engageons la conversation. Il s’appelle Sidhu et est chauffeur de taxi. Il a déposé des clients européens à Marari pour la journée. Il me parle de sa vie, de ses enfants, notamment de son fils aîné qui fait ses études en Allemagne. Sidhu vit à Fort Kochi. Je lui parle d’un homestay que je connais là-bas, Hebron Inn, tenu par Alex et sa famille. Il les connaît. Fort Kochi semble être un lieu à taille humaine, où les gens se connaissent facilement. Je lui demande, à titre indicatif, le prix d’un trajet Fort Kochi - Marari : environ 1 800 roupies, soit une vingtaine d’euros.

Je poursuis ma route et suis rejointe par Valentin, un Allemand que j’ai déjà croisé plusieurs fois sur la plage. Nous avions échangé quelques mots les jours précédents. Nous marchons un peu ensemble, parlons voyage et nomadisme. L’échange est simple et agréable.

J’arrive finalement au
Joy’s Hotel, toujours sur la Beach Road, après la grande route. Il est déjà 14 h 30 et le service du déjeuner est terminé. Je demande s’il y a un autre restaurant local plus loin. On m’indique le Siva Hotel. Je continue donc à pied et y arrive une vingtaine de minutes plus tard. L’endroit est clairement moins touristique, plus ancré dans la vie locale, car situé dans une zone plus éloignée de la plage. Je discute avec le personnel et quelques clients. Lorsque je dis à un homme que je suis enseignante, il me lance en riant : « Why do you think I chose a teacher as a wife? Because at night, she does all the homework and I can go to sleep! ». Il parle assez mal l'anglais, mais l’humour est universel, et la bonne humeur communicative.

Après le repas, je pars à la recherche de fruits. J’achète quelques pommes, une glace, puis je flâne devant les boutiques, observant les étals et la vie qui s’anime en cet après-midi. Je suis maintenant proche du temple principal de Marari, dédié à Shiva, Mararikulam Sree Mahadeva Temple, que l’on repère de loin grâce à l’imposante statue qui marque son entrée. Le temple est un lieu central de la vie spirituelle locale. Dédié à Shiva, dieu de la transformation, de la destruction et de la renaissance, il accueille chaque jour des rituels, des offrandes et des prières. L’entrée est possible à partir de 17 h 30.

En attendant l’ouverture, je continue de déambuler dans les alentours. Dans un petit magasin où l’on trouve un peu de tout, mon attention est attirée par plusieurs hommes qui font préparer, sous leurs yeux, une mixture enveloppée dans des feuilles végétales, qu’ils mâchent ensuite. Intriguée, je m’arrête pour observer la scène.

Il s’agit d’une pratique traditionnelle appelée Murukkan, très répandue dans le sud de l’Inde : une feuille de vettila (feuille de bétel, utilisée dans de nombreux rituels) est badigeonnée de chunaambu, une pâte blanche à base de chaux, puis garnie de pakku, des noix d’arec, et de pukayila, du tabac. Le mélange est mâché pour son effet stimulant et légèrement étourdissant, avant d’être recraché. Une coutume discrète, un geste ancien, ancré dans les usages sociaux du Kerala, qui fait partie du quotidien de nombreux hommes.

Un peu plus loin, je sympathise avec trois femmes tenant un stand de loterie : Nivedya, Saritha et Nidi. Nous échangeons quelques mots, des sourires, puis prenons des photos ensemble. Les Indiens sont souvent très ouverts au contact, curieux, spontanés, toujours dans une ambiance conviviale. D’après ce que je comprends, un tirage de loterie a lieu chaque jour.


Il est 17 h 30 lorsque je retourne vers le temple de Shiva et entre dans son enceinte. Je fais lentement le tour des lieux. L’atmosphère est calme, silencieuse. Il y a peu de monde, les salles dédiées aux divinités n’étant pas encore ouvertes. Je me laisse imprégner du lieu, de son silence, de sa présence. Puis, après avoir attendu un moment, je décide de repartir. Le soleil commence à décliner et, étant désormais assez loin du homestay, je préfère rentrer avant la nuit pour éviter de marcher sur les routes dans l’obscurité.

Mararikulam Sree Mahadeva Temple

Sur le chemin du retour, mon attention est attirée par une allée menant à une maison particulièrement soignée et décorée. Des banderoles et des ballons sont encore en place. Poussée par l’élan du moment, je m’approche. Je fais alors la connaissance de la famille. Une célébration a eu lieu le matin même : la cérémonie de révélation du prénom d’un bébé, né il y a trois mois. Une tradition hindoue appelée Peruvili en langue malayalam. Je rencontre les jeunes parents, Aiswarya et Amaldev, leur bébé Yuvaan, la sœur d’Amaldev, Asha, ainsi qu’une grand-mère. Ils m’invitent spontanément à entrer chez eux pour discuter et m’offrent du payasam, un dessert sucré typique du Kerala, souvent préparé lors des fêtes et cérémonies. Le moment est chaleureux, simple, joyeux. Nous échangeons, rions, prenons des photos souvenirs. Aiswarya m’explique que cette cérémonie peut avoir lieu après 28, 56 ou 90 jours après la naissance. Avant que le prénom officiel ne soit révélé, l’enfant est désigné par un surnom au sein de la famille. Elle me parle aussi d’autres rituels importants : la cérémonie marquant les premières règles d’une jeune fille, la Kunjikalyanam, et le mariage, qui porte le nom de Kalyanam. Tout est profondément ritualisé, célébré, inscrit dans le collectif.


Je rentre finalement au homestay, le cœur rempli. J’y fais la connaissance de Véronique, une nouvelle Française arrivée le jour même. Nous sympathisons immédiatement. Amusant clin d’œil : nous sommes arrivées en Inde le même jour, le 20 janvier, avec une heure d'écart. Elle a passé quelques jours à Ernakulam avant de rejoindre Marari. Une belle rencontre de plus pour clore cette journée dense et riche.

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